Tom est mort

Year: 
2007

Tom est mort, 2007

Voici dix ans que son fils est mort, il avait quatre ans et demi. Pour la première fois depuis ce jour quelques moments passent sans qu'elle pense à lui. Alors, pour empêcher l'oubli, ou pour l'accomplir, aussi bien, elle essaie d'écrire l'histoire de Tom, l'histoire de la mort de Tom, elle essaie de s'y retrouver. Tom qui est devenu mort, Tom à qui on ne pense plus qu'en sachant qu'il est mort. Elle raconte les premières heures, les premiers jours, et les heures et les jours d'avant pareillement, comme s'il fallait tout se remémorer, elle fouille sans relâche, elle veut décrire le plus précisément et le plus profondément possible, pas tant les circonstances de la mort de Tom que ce qui a précédé, que ce qui s'en est suivi, la souffrance, le passage par la folie, et le fantôme de son enfant. Le plus concrètement aussi parce que, c'est sûr, la vérité gît dans les détails. C'est la raison pour laquelle ce texte qui devrait être insoutenable et qui va si loin dans l'interrogation de la douleur est si convaincant, si

P.O.L. Editeur

Premières pages et revue de presse

Tom est Mort est le journal d’une mère française qui raconte dix ans de chagrin suivant la mort de son fils un après-midi à Sydney. Le roman de Darrieussecq raconte en séquence désordonné les évènements qui suivent la mort de Tom. A un niveau, la mère raconte la réalisation des taches nécessaires : la question du rapatriement, les procédures de la compensation de l’assurance, le choix d’une urne et d’une costume de Zorro pour la crémation, les appels administratifs de l’hôpital. Cependant ces taches ne sont que l’arrière-plan du chagrin interne dont fait l’expérience la mère parmi ces obligations. Lorsqu’elle perd à court terme la capacité de parler et de faire des fonctions quotidiennes de base, elle retraite aux stages de réclusion et de souffrance. Elle enregistre à un hôpital et assiste aux groupes de la thérapie de deuil, mais aucune mesure soulage sa douleur. Elle regarde lorsque sa famille s’adapte à son état « demi-fou » lorsque chacun porte le deuil et essaie de supporter la perte individuellement. Avec l’argent de compensation de l’assurance, la famille part en vacances en Tasmanie ; « la première envie, la première étincelle de vie, le premier désir au-delà du deuil, même pour un objet, for quelque chose d’insignifiant. » Pour la première fois depuis des mois, elle rit. Cependant ces vacances qui sont un répit dans le roman ne sont guère un tournant. Dix ans plus tard, elle continue à pleurer la mort de son fils pour laquelle elle ne peut pas s’empêcher de se blâmer.

Adelita Barrett, University of Arizona