Rapport de police. Accusations de plagiat et autres modes de surveillance

Year: 
2010

Rapport de police. Accusations de plagiat et autres modes de surveillance, 2010

Accusée à deux reprises de plagiat – une première fois par Marie NDiaye en 1998 – et plus récemment par Camille Laurens, Marie Darrieussecq a voulu comprendre ce qui lui était arrivé et, bien sûr, se défendre de cette accusation renouvelée. Elle s'est donc penchée sur la notion de plagiat, sur l'histoire de ce concept à travers la littérature. Elle s'est aperçue que nombre d'écrivains, et pas des moindres, ont eu à subir cette accusation. Et s'il ne s'agit pas de banaliser par le nombre – tous plagiaires – il s'agit de se demander comment on en arrive là. À quoi sert-elle, cette accusation de plagiat ? Comment « prend-elle », pourquoi trouve-t-elle toujours tant d'échos ? Qu'est-ce que cela veut dire, d'un état de la critique et des institutions littéraires, d'un état de la société puisque la littérature fait symptôme ?

Que l'accusation de plagiat soit une tentative d'assassinat symbolique, c'est une évidence. Concurrence entre écrivains, conflits de personnes et autres trivialités psychologiques, certes. Mais l'intérêt de cette ample étude est aussi de démontrer qu'elle participe d'un dispositif plus vaste : un empêchement général, une chape de plomb faite d'interdits, de sacralité et d'anathèmes. Une surveillance de la fiction, qui vaut pour toute écriture non appropriée, et dont est retracée ici la longue histoire, de Platon au goulag.

P.O.L. Editeur

Premières pages et interviews à L'Express et au Nouvel Observateur