Le Pays

Year: 
2005

Le Pays, 2005

Ce n'était pas son premier amour, et c'était loin d'être son premier livre.

On prépare une chambre pour l’enfant qui vient ; on décore les murs.  On achète des cahiers ; on trouve un titre, un suject ; on écrit les premiers mots.  D’abord il y a quelques phrases, quelques cellules, mais bientôt il y en a beaucoup, un cœur, un chapitre.  Le corps joue son rôle : pour l’enfant il est tout-à-fait nécessaire.  Pour le livre il est de trop, et l’écrivain doit l’oublier pour créer le roman.  Mais c’est l’amour qui est responsable pour les deux ; la passion, le désir et l’amour sont la source d’où émergent le roman et l’enfant. 

Marie Rivière, personnage principal de ce roman, est un écrivain qui vient de quitter Paris et de rentrer au pays natal avec son mari et enfant de 2 ans.  Ce déménagement au pays où elle passait son enfance et adolescence, et où son père et mère résident toujours, arrive en même temps qu’elle découvre qu’elle est enceinte.  Ce pays et ses sentiments excités par le retour, lui donnent le sujet d’un roman qu’elle commence à écrire.  En train de créer un roman en même temps qu’elle est en train de créer un enfant lui fournit un autre sujet, qui est le processus littéraire et comment ce processus ressemble et diffère de la création biologique.

Avec très peu de dialogues, une intrigue très mince, la prose assez épaisse, et le changement constant de point de vue, ce livre, plutôt journal intime que roman, n’est pas une histoire ordinaire.  La plus grande partie de ce qui s’y passe, se déroule dans l’esprit de l’écrivain, et l’écrivain nous invite à partager ce monde riche de ses pensées, de ses sentiments, des faits qu’elle trouve intéressants, et de ses observations sur la vie qu’elle mène. 

La citation de Le Pays ci-dessus a été choisie pour deux raisons.  D’abord, la combinaison amour/littérature (et par extension amour de la littérature) dans le même souffle (ou pensée).  Et puis, son ton simple, presque quotidien, fait penser que c’est le destin de l’auteur de mener cette vie et de faire ce métier. Etre mère, amoureuse, écrivain, il n’y a pas d’autre choix.

Bruce Fickett

Premières pages et revue de presse