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Biographie
par
Martha Holmes et Alain-Philippe Durand
(Dernière mise à jour le 9 juin 2011)
"Mon métier, mon arme, mon plaisir, mon rôle, c'est
d'écrire : pas plus et pas moins."
Les Dates
1969 :
Naissance.
1986 :
Baccalauréat de lettres.
1988 : "Prix des jeunes
écrivains" : prix
littéraire du journal Le Monde.
1988-1990
: Préparation hypokhâgne, khâgne à
Bordeaux.
1990-1994
: Ecole Normale Supérieure, Université de
Paris, Diplôme de Lettres modernes.
1992 :
Université de Paris, Agrégation de Lettres
modernes.
1996 :
Article : "L'autofiction : un genre pas sérieux," revue
Poétique.
1996 :
Roman : Truismes
1997 :
Thèse : Moments critiques
dans l'autobiographie
contemporaine. Ironie tragique et autofiction chez
George Perec, Michel Leiris, Serge Doubrovsky et Hervé Guibert.
1997 : Dans la Maison de
Louise/In Louise's House (CAPC /
Serpentine Gallery)
1998 :
Roman : Naissance
des fantômes
1999 :
Roman : Le
mal de mer
. Texte court : Précisions
sur les vagues.
2001 :
Roman : Bref
séjour chez les vivants.
2002 :
Roman : Le
Bébé
2002 :
Texte court dans l'ouvrage d'Annette Messager, Hors-jeu
(Actes Sud)
2003 :
Roman : White
2004 :
Conte : Claire
dans la
forêt - Suivi de Penthésilée, premier combat
(Editions des Femmes /
Antoinette Fouque)
2005 :
Roman : Le
Pays
2006
: Nouvelles :
Zoo
2007
: Roman : Tom est
mort
2009 :
Pièce de théâtre : Le
Musée de la mer
2010 :
Essai : Rapport de police. accusations de plagiat et autres modes de surveillance de la fiction.
2011 :
Roman : Clèves.
Marie Darrieussecq
à deux ans et demie
La Vie
"La nuit je crois aux spectres, le jour je suis cartésienne."
Marie
Darrieussecq, jeune auteur
prolifique expérimental, mère, normalienne, et
exploratrice, est née le 3 janvier 1969. Elle a grandi dans un
petit village de 300 habitants
près de Bayonne au Pays Basque. Fille d'une mère
professeur
de français, dans un collège, et d'un père
technicien,
Marie Darrieussecq a profité de la grande bibliothèque
familiale
pendant sa jeunesse. A six ans, elle commence à lire et à
écrire
avec ferveur. Ses parents auraient été
rassurés
que leur fille aient un métier stable mais Marie rêvait
d'être
écrivain. Donc, après son bac de lettres et
hypokhâgne,
khâgne à Bordeaux, Marie intègre l'Ecole Normale
Supérieure,
rue d'Ulm: des années d'écriture dense pour lesquelles
elle
garde de très bons souvenirs: l'agrégation en 1992, pour
laquelle
elle a été reçue sixième en pestant ("tant
qu'à
me casser les pieds à passer un concours, je voulais être
première,
comme Sartre!").
Tout en
écrivant une thèse de
Doctorat, elle écrit son premier roman en six semaines. Truismes
connaît un succès mondial. Sa thèse, soutenue en
1997, s'intitule
"Moments critiques dans l'autobiographie contemporaine. Ironie tragique
et
autofiction chez George Perec, Michel Leiris, Serge Doubrovsky et
Hervé
Guibert" sous la direction de Francis Marmande. Marie ne tient pas
à
la publier et elle nous donne quelques précisions:
"'L'autofiction,
un genre pas sérieux' est un article de narratologie hyper
technique,
paru dans la revue Poétique, au Seuil, en septembre
1996, exactement au moment de la sortie de Truismes. Ce pur
hasard chronologique (les revues mettent parfois deux ans à
publier un article) incite malheureusement beaucoup d'étudiants
qui travaillent sur mes textes à chercher nécessairement
un lien entre l'autofiction et mes romans. J'ai fait exprès, au
contraire, de travailler sur un genre qui m'était
éloigné, pour ne pas tout mélanger, et parce que
justement ce qui m'était éloigné
m'intéressait. Je suis un auteur de fiction et à part Le
Bébé, qui
est un récit pur sans aucun effet autofictif, l'imaginaire est
mon
domaine, même s'il est forcément nourri (comme chez tous
les
écrivains) de mon vécu, comme s'en nourrissent les
rêves:
de loin et métaphoriquement".
En fait, Truismes est son sixième
roman. Les cinq premiers n'ont jamais été publiés
et Marie
les trouve impubliables (pas assez mûrs) mais admet volontiers
qu'ils
ont nourri ses romans suivants. Marie a commencé à
écrire à l'âge de six ans, et elle a fini son
premier "roman" à vingt ans, en 1990. Il s'appelait "Sorgina",
ce qui veut dire "La Sorcière" en Basque. Jérome Lindon
chez Minuit, ainsi que le comité de
lecture de Gallimard, l'avaient remarqué et avaient
encouragée son auteur dans la voie de l'écriture. Marie
avait ensuite gardé l'habitude d'envoyer ses manuscrits par la
poste, et l'attention des éditeurs l'a vraiment
accompagnée et encouragée jusqu'à Truismes
, qui fut accepté par 4 éditeurs (POL, Grasset, le Seuil,
et la collection bleue de Jean-Marc Roberts, chez Fayard à
l'époque). Elle a alors choisi cette "petite" maison qu'est POL,
petite en taille mais exigeante et prestigieuse, et qui est à
son avis unique en son genre. Marie se félicite encore
aujourd'hui de ce choix.
En
dehors de la vie littéraire,
Marie Darrieussecq a un penchant pour la musique, l'amour, les voyages,
la science et la famille (son fils est né en 2001 et sa fille en
2004). Elle se dit "athée, féministe, et
européenne". Quant à la science, elle
s'est mariée deux fois: son premier mari était mathématicien, le
second est chercheur en astrophysique. Marie
dit: " La science enrichit mon imaginaire, m'apporte des images, des
métaphores et des fictions pour rendre compte du monde". Les
bouts du monde la fascinent - la Patagonie, la Tasmanie, l'Islande. On
y trouve une espèce d'exil, semblable
à l'isolement qu'éprouve un écrivain. Elle
fréquente
quelques amis écrivains mais, en général, elle
choisit
de mener sa vie un peu à l'écart du " milieu " parisien.
L'Avenir
"J'ai trente huit ans, la vie devant moi, et des tas de livres en
tête."
Après
avoir occupé pendant trois ans (1994-1997) un poste
de chargée de cours à l'Université de Lille, elle
a
décidé d'abandonner la carrière universitaire,
c'est-à-dire
de ne pas postuler pour un "vrai" poste. Depuis, elle s'occupe de
plusieurs
projets: roman, poésie, théâtre et, "
peut-être,
dans longtemps, un essai littéraire à ma façon ".
Elle
envisage un séjour prolongé en Australie ou dans les
Aléoutiennes.
Si Marie Darrieussecq n'a pas encore reçu de prix
littéraire,
cela ne devrait pas durer.
"A quoi sert un livre
qui ne propose pas de voir le
monde comme s'il se dévoilait pour la première fois?"
Dans ses nouvelles aventures Marie Darrieussecq est aussi
devenue psychanalyste en 2006. En 2007, elle a écrit une
pièce de théâtre, Le
Musée de la mer, dont la
première s'est jouée en avril... à Reykjavik, en
Islande, traduite par Sjon, le parolier
de Björk, avec toute une équipe épatante, et
montée par Arthur Nauzyciel, un
metteur en scène de 39 ans avec qui MD travaille aussi à
une adaptation d'Ordet
de Karl Munk (jouée aux Carmes à Avignon en
été 2007, avec Pascal
Grégory).
Après
la publication de son roman Tom est
mort en septembre 2007, Marie Darrieussecq a publié une
traduction
des Tristes d'Ovide chez POL
en décembre 2008. Pour Marie Darrieussecq, il s'agit
d' "Un écrivain mondain qui se retrouve du jour au
lendemain chez les Barbares, au bout du monde connu (l'actuel delta du
Danube),
il y a exactement 2000 ans. Un rapport à la fois féroce
et servile au
politique, et une grande de liberté dans la tête. Belles
lettres d'amour à sa
femme, belles lettres d'amitié aussi. Et tout ça jusque
là était traduit façon 'latiniste', avec des
phrases pas possibles en français, alors que
c'est de la très belle poésie, fluide, limpide."
-Marie Darrieussecq

Photo: Hélène Bamberger
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